Confirmer la claque

Publié le par Section du Parti Communiste d'Epernay

Quel encouragement ce sera, pour les salariés et leurs organisations, de disposer d’élus au sein des majorités de gauche qui sortiront des urnes dimanche soir, aptes à relayer leurs mobilisations.


Cette droite est décidément prête à tout. Jusqu’à utiliser les morts ou à en inventer pour conjurer une déroute électorale annoncée depuis dimanche dernier. François Fillon et les porte-flingue patentés de l’UMP pourront tourner la chose comme il leur plaira. Quand, mercredi soir, le premier ministre est monté à la tribune de la salle de la Mutualité à Paris, c’était tout à la fois pour soutenir sa candidate ministre, l’une des vingt personnalités du pouvoir envoyées au combat régional par l’Élysée, et pour racoler les électeurs, en un discours mêlant les thèmes à vocation écologique à ceux qui ont fait le miel de la droite extrême. Soit un douteux pâté d’alouette allant jusqu’au dérapage d’annoncer le décès d’un fonctionnaire de police gravement blessé à Épernay. Après avoir donné dans la campagne de caniveau avant le premier tour et lancé le pseudo-débat sur l’« identité nationale », la droite néolibérale utilise maintenant le thème de la « sécurité », qui fut au cœur de la construction de l’image politique de Nicolas Sarkozy avant 2007. Xavier Bertrand, le secrétaire général de l’UMP, « trouve ça normal ». Sur ce terrain-là, on pourrait demander qui est au pouvoir depuis 2002 ? Qui fut ministre de l’Intérieur hier et est chef de l’État aujourd’hui ? Au-delà, il apparaît clairement que les hommes du président sont prêts à tout pour capter les voix qui leur ont fait défaut, par l’abstention ou le vote d’extrême droite. C’est dire toute l’importance que revêt le scrutin de ce dimanche.

Qu’au soir du 21 mars, la claque du premier tour infligée à la droite soit confirmée voire amplifiée aura grand sens. C’est dire l’enjeu pour les électeurs et militants de la gauche rassemblée de rester mobilisés et de gagner au vote le plus grand nombre possible de celles et ceux qui, dans l’électorat populaire, n’ont pas cru utile de se déplacer aux urnes le 14 mars dernier. Remise en cause du droit à la retraite, casse de l’école et de l’hôpital publics, attaques contre la justice, privatisation rampante de la SNCF avec ses effets sur le fret et les TER, soutien aux projets patronaux d’attaques contre les droits des salariés et de leurs représentants, projet de TVA sociale pour offrir encore plus de cadeaux à la finance et écraser davantage les revenus du monde du travail… Cette droite mérite une deuxième claque dimanche, sans ambiguïté. Quel encouragement ce sera, pour les salariés et leurs organisations, de disposer d’élus au sein des majorités de gauche qui sortiront des urnes dimanche soir, aptes à relayer leurs mobilisations comme leur vigilance nécessaire sur l’attribution des fonds publics régionaux ou la défense des services publics. La crise du capitalisme ne connaît pas de parenthèse. Jeudi prochain, les chefs d’État et de gouvernement des Vingt-Sept, tous partisans du traité de Lisbonne, se réuniront. Ils veulent imposer de nouveaux sacrifices aux peuples au profit des mêmes forces financières qu’ils ont remis en selle et déjà à l’origine du désastre actuel, quitte à déclencher une véritable guerre monétaire et économique meurtrière pour les pays les plus faibles. Fait nouveau, dans cette même période, les salariés n’ont pas mis non plus leurs revendications sous leur mouchoir. Les luttes pour les salaires s’étendent comme feu de paille. Quel encouragement à les amplifier, dès mardi prochain à l’appel des syndicats, si le pouvoir, qui veut imposer une cure d’austérité sans précédent, et le Medef, qui le soutient, étaient de nouveau lourdement sanctionnés après-demain.

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