XÉNOPHOBIE/VILLIERS-LE-BEL/RÉTENTION

Les ficelles populistes de Sarkozy

La froideur des statistiques a beau être l’amie des pires calculs politiques, elle peut parfois ne pas suffire.

Ainsi des sinistres lois Hortefeux don­nant lieu à une sordide surenchère arith­métique. D’une année à l’autre, les servi­ces de police sont sommés de faire du chiffre sur des étrangers dont la situation irrégulière résulte pour une large part, faut-il le rappeler, des lois prises depuis 2003 par la droite. 25 000 reconduites à la frontière pour 2007 ? Il en faudrait 26 000 en 2008, exige Fillon. Pour­quoi ? Pour lutter contre “ l’immigra­tion clandestine ” et “ adapter nos flux migratoires aux besoins de l’économie française ”, comme le répétait dernière­ment le Premier ministre ? Mais alors, quels sont les “ efforts ” fournis par le gouvernement contre ceux qui tirent profit de cet état de fait ?

La récente affaire du foyer du 13e arrondissement de Paris a montré que les marchands de sommeil pouvait dormir en paix, eux. Quant à l’immigration “ choisie ” prônée par le chef de l’État, elle renvoie aux pires heures de l’ex­ploitation de la main d’œuvre immi­grée : on peut y recourir pour faire pres­sion sur les salaires, mais elle doit venir seule. Quant aux patrons voyous qui l’exploitent, sur des chantiers comme dans les cuisines, tous secteurs peu attractifs auprès des jeunes du fait des conditions de travail et de rémunération précisément, on attend toujours de la “ fermeté ”. Le fait nouveau, une récente manifestation parisienne l’a rappelé, est que désormais, si la peur n’a pas changé de camp, les salariés, comme ceux de “ la Grande Armée ”, relèvent la tête. Ils refusent de faire les frais d’une politique motivée avant tout pour séduire l’élec­torat le plus extrême de la droite.

De l’inauguration de commissariats flambant neufs à l’opération de police à grand spectacle de Villiers-le-Bel, en passant par la volonté de focaliser l’attention de l’opinion publique sur la loi de rétention et son coup de menton en direction du Conseil Constitutionnel, le chef de la majorité a sorti tout l’arse­nal qui a fait les beaux jours du ministre de l’Intérieur puis du candidat UMP d’avant mai 2007. Et pourtant, son impopularité persiste.

Si les sondages ne font pas une élection, leur orientation à la baisse pour Sarkozy confirme que ces ficelles populistes ne suffisent pas, ou plus.
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